CERRE LES NOROY




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Cerre -lès- Noroy, village au pied de la Côte!


La situation de Cerre Le village au carrefour des routes de Noroy, chef lieu de canton, avec Vallerois-le-Bois au sud et Autrey-lès-Cerre au nord-est se regroupe autour d'une sorte de zone plus ou moins humide appelée le Breuil, parcourue par un petit ruisseau. La couverture forestière représente plus de la moitié du finage de la commune, avec le bois de la Combe Sédéra, de l'Engorgie et du Jour Mary, au sud du village. A cela s'ajoutent des friches et des bois particuliers couvrant les collines alentours. Le bois constitue depuis longtemps une source de revenus non négligeable pour la commune. Globalement, les sols cultivables sans être les meilleurs de la Haute-Saône sont assez bien draînés.

La géologie Au pied de la côte Champfleurey, d'une altitude de 449 mètres, le promeneur découvre le village de Cerre qui prend position sur les pentes d'une petite vallée orientée nord-ouest - sud-est dans laquelle coulent deux ruisseaux. Il est encadré à l'est par les monts de Cerre plus communément appelés monts de Borey. L'altitude du village varie de 323 à 330 mètres. Le sol est formé de calcaire et on peut y observer de multiples phénomènes. Les deux ruisseaux, celui de la Tiolère, venant de Noroy-le-Bourg au nord ouest et celui de l'Etang venant du nord se perdent dans les profondeurs du sous-sol, au fond d'une cuvette d'effondrement située au sud du village. Ce phénomène a donné naissance à un véritable réseau souterrain connu des spéléologues de la région dès les années 1930. Deux cavités, une grotte et un aven permettent d'y accéder. Cet immense réseau est connu pour ses formes de karst* modelées sous l'effet des eaux sur les roches calcaire. L'infiltration de l'eau dans le sous-sol a donc façonné le terrain. La résurgence se situe au Frais-puit près de Vesoul à 15 km de Cerre. Mais les manifestations qui témoignent d'un sous-sol calcaire se retrouve aussi sur le sol lui-même; on trouve en effet à de multiples endroits les dolines*, communément appelées combes sur les cartes.

L’historique du village La première mention de Cerre apparaît dans une sentence en latin de l'archevêque Herbert en 1164 où il est fait mention de Guillelmus prepositus de Cere, témoin d'un litige entre les habitants de Noroy et les moines de Bellevaux, au sujet de la délimitation des bois. Guillelmus est un prévôt en service sur une terre seigneuriale appartenant à la maison de Faucogney. Il tenait son investiture du seigneur et pouvait excercer la moyenne justice qui statuait sur des délits ruraux. La mention d'un prévôt à Cerre à cette époque signifie que la communauté est déjà relativement présente. Cependant, l'implantation initiale du village semble se situer plus au sud et sur le passage d'une ancienne voie celtique appelée Péruse* c'est-à-dire: pierre haute . La localisation actuelle de Cerre date certainement des grands défrichements du Moyen Age, du XI° au XIII° siècle; dus à l'expansion de la population, le besoin de terre et d'eau s'est donc fait plus pressant. Signalons alors, au sud du village le long de la route de Vallerois, la localisation de ruines au lieu dit les Chasaux. Ce toponyme tire sa racine latine de casalis, casale, ce qui signifie un groupe restreint d'habitations, de huttes isolées, implantées à l'extérieur du village sur les corvées. Ces vastes portions de territoire sont exploitées par des serfs et des mainmortables* qui payent le cens au seigneur ( un impôt sur la terre). Les défrichements ont permis la mise en valeur des terres au sud du village. Au Moyen Age, le village fait partie des possessions du comte de Bourgogne. Hugues de Bourgogne, sire de Montjustin, cède le fief de Cerre à Jean de Faucogney en 1309 lorsque celui-ci accepte enfin de se reconnaître comme son vassal. La maison de Faucogney avait en effet refusé de céder le château d'Oricourt, pourtant dans les possessions bourguignonnes. Au cours des siècles le village reste tout de même sous la coupe de la puissante prévôté de Montjustin, dans le bailliage de Vesoul comme l'indique le recès des Etats de 1614. En effet, certaines personnes du village ont bien été touchées d'excommunication au XVI° siècle condamnées par Monseigneur Jean de Morienne de Montjustin. Cerre reste donc sous la domination des vassaux du comte de Bourgogne. A partir du XVI° siècle, la famille de Salives tenait Cerre et ce jusqu'à la Révolution. Avec les réformes de 1790, Cerre fait partie du canton de Noroy-le-Bourg, dans le district de Vesoul.

La Fontaine de la HYE



Le patrimoine Le randonneur découvrira un patrimoine architectural intéressant, entre autre les fontaines et l'église. Les fontaines voient le jour au cours du XIX° siècle et remplacent les anciens points d'eaux comme le vieux lavoir du pont ou l'ancienne fontaine de la Coquaire. Elles permettent alors d'apporter l'eau, venue de Noroy au centre de la communauté par trois fontaines: celle du pont reconstruite en 1870 se situe en bas du village, celle de La Hye (sur la photographie) fut refaite en 1884 et la fontaine de l'église construite dès 1801 et refaite en 1870. Les pierres ont été tirées des carrières alentours, comme celle de l'entrepreneur Pillot pour la fontaine de La Hye. Chacune d'elle mérite le regard du promeneur, car elles ont toutes leur particularité. Il en est de même pour l'église reconstruite après les guerres du XVII°. Le clocher-porche à toit bulbeux, ou à impérial, caractéristique de la région porte le millésime: 1766. De taille moyenne, l'église est décorée en style baroque remarquable aux innombrables moulures et dorures sur les autels latéraux dans les transepts. Les peintures murales et les médaillons sur les voûtes en berceau effectuées par les frères des écoles chrétiennes à la fin du XIX° siècle valent le coup d'oeil malgré leurs mauvais états. A remarquer le maître-autel de l'époque Louis XVI, et la statue en bois polychrome du XVI° ou XVII° siècle, de Saint Maurice patron de la paroisse.Mais le visiteur aura sans doute remarqué le cimetière traditionnel autour de l'édifice, emplacement devenu rare dans nos villages. Enfin, signalons au promeneur que devant la maison appelée le "château"* sur la route conduisant à Autrey, il découvrira un linteau de porte avec le millésime de 1739 surmonté de 4 P populairement traduit: "pauvre paysans ou passant prend patience". Chaque lieu, chaque village recèle ses curiosités. J'espère avoir convaincu le lecteur de se chausser et le promeneur chevronné de s'armer d'un bâton et d'une gourde pour venir voir le beau village de Cerre. Toutes les curiosités sont situés sur le circuit des grands bois balisé par l'association et décrit dans un topo guide disponible au Musée "La Ferme d'Antan" à Oppenans
LAURENT, Johan.

Notes explicatives: Le karst est une forme de relief calcaire façonnée sous l'effet de l'érosion et de la dissolution chimique du calcaire. Les dolines sont de petites dépressions érodées et fermées dont le fond plat et argileux peut être cultivé lorsque sa taille le permet. L e chemin de Péruse se situe sur le circuit pédestre des croix. Les mainmortables sont des paysans jouissant librement de leur bien mais dont la terre appartient au seigneur à la mort de ceux-ci. Le "château" de Cerre est un manoir mais il n'est pas insensé de penser qu'il fut la demeure des autorités et des riches du village. Sources et bibliographie: - Dictionnaire des communes de la Haute - Saône édité par la Salsa. - François, M. & Rénet, C., La Haute - Saône, Mémoire en image, Alan Sutton, (2005), 190p. - Rénet, (Christian) , Les cantons de Saulx et Noroy-le-Bourg, Mémoire en images, Alan Sutton, (2002), 127p. - C. J. , Pizard , (ancien avocat , ancien bâtonnier, etc) , Documents inédits et notes historiques sur Noroy le Bourg, Saint-Igny et Calmoutier (en partie), (Haute Saône) , Tome I et II , imprimeur Cival, Vesoul, (1888). - pour la topographie des lieux: Carte IGN 3421 E, de Villersexel, 1:25000 série bleue.

Vue générale du village prise depuis le mont de Cerre