Maison gothique à Oricourt








      Faisant face au château, à la fontaine du centre et à la mairie, il existe à Oricourt une petite maison qui a été restaurée entre 2001 et 2003, et qui présente toutes les caractéristiques d’une habitation rurale médiévale, à savoir un rez-de-chaussée très bas, qui servait primitivement de cellier, de dépôt, voire de poulailler ou de porcherie, une porte d’accès à la partie habitable située à deux mètres du sol avec escalier extérieur, un troisième niveau, ce qui est rare en zone rurale, puis un quatrième servant de grenier. Depuis l’extérieur, il faut gravir 39 marches pour atteindre ce dernier.
      Originellement, le bâtiment devait s’accompagner dans sa partie droite d’une autre construction, il est fort probable que le mur situé au couchant était mitoyen à une autre habitation. La maison ne présente à l’extérieur qu’une masse de pierres grises amoncelées, et dix ouvertures faites d’un calcaire jaune-rose, dont trois fenêtres à meneaux. A l’intérieur, ces fenêtres, largement ébrasées et voûtées, s’accompagnent pour les plus grandes de coussièges taillés dans l’épaisseur des murs (80 à 90 centimètres). Chaque niveau habitable possédait jadis sa cheminée, il n’en reste qu’une aujourd’hui, qui est magnifique, large d’environ 2,60 mètres, très archaïque et largement chanfreinée.
      D’autres éléments sont très intéressants : un étonnant garde-manger ainsi que trois grands « meubles » en pierre dans l’épaisseur des murs, un ancien évier avec bec extérieur aménagé en angle dans l’embrasure d’une petite lucarne, une élégante meurtrière au rez-de-chaussée, seule ouverture du niveau bas.
      Enfin, la porte d’accès au cellier a été consolidée lors de la restauration avec un imposant linteau gravé, provenant d’une maison toute proche aujourd’hui détruite. On y lit : « IESUS MARIA IOSEPH LE NOM DE MARIE SOIT GRAUE DEDAN MON CŒUR L’AN MIL SEPT SENS HUIT IEAN MALLETERRE MA FAITE ET IANE C SA F – DIEU SOIT BENY ».
      Il est très difficile de dater une telle maison rurale du Moyen-Âge. Toutefois, au regard de la naïveté des assemblages, des chanfreins des pierres taillées qui sont très larges et des barreaux de fenêtres de section ronde, on situe sa construction entre 1450 et 1500.
      En 1995, la maison était à l’état de ruine, avec quatre murs déstabilisés, une toiture totalement effondrée ayant entrainé dans sa chûte l’ensemble des planchers, et certaines fenêtres murées. La réhabilitation effectuée avec les conseils précieux de M. Pascal MIGNEREY a permis au bâtiment de retrouver toute sa splendeur, et a redonné une cohérence au centre du village d’Oricourt (dixit le Permis de Construire). Une petite pierre portant l’inscription « 1507 », découverte par hasard à un mètre sous terre devant le puits, a été placée au sommet d’un des pignons reconstruit. Comment savoir si cet élément concerne directement la maison ? La restauration de cette petite habitation a été deux fois récompensée. Elle a obtenue le premier label de la Fondation du Patrimoine en Franche-Comté, et elle a remporté en 2003 le prix national « coup-de-cœur » décerné par les Trophées de la Réhabilitation.
      Il est à noter qu’une d’aide de la DRAC a été obtenue pour cette réalisation, car la maison est comprise dans le périmètre de protection d’un bâtiment classé (dans pareil cas, toute réhabilitation peut être aidée en ce qui concerne les éléments extérieurs, il faut le savoir, et simplement en faire la demande).
      Ses plus anciens propriétaires connus sont Claude-Antoine ECREMENT et son épouse Marie-Josèphe PELLETERET, de Lure, qui vendent en 1805 l’habitation et la grange toute proche à Jean COUR et Jeanne-Claude PELLETERET son épouse, tous deux d’Oricourt. A proximité de la maison subsiste l’ancien four banal d’Oricourt, transformé il y a peu en habitation. Il devait être à l’origine intégralement voûté, les murs latéraux dépassant les 1,10 mètres de large. Construit ou plus vraisemblablement reconstruit en même temps que l’actuel pigeonnier d’Oricourt, on peut lire sur le linteau de porte l’inscription suivante : « PAX DEI 1687 ».
Photos et texte donnés aimablement par l'heureux propriétaire de cette jolie maison.


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